Les alentours de Yushu sont tibétains. On choisit de déambuler dans des vallées sauvages, où coulent de belles rivières. Plus on avance, moins on croise de nomades et de yaks. Ces paysages commencent à devenir familiers pour nous, mais on ne manque pas de s’émerveiller quand même.

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Les monastères sont nombreux, mais on n’en visite peu. Notre culture chrétienne a du mal à s’habituer au fait qu’ici, les monastères ne sont pas du tout des lieux clos. Ce sont des lieux de vie ouverts sur l’extérieur, et les voisins viennent y faire leurs offrandes. On y entre sans problème, et on a alors tout loisir de se promener dans les ruelles étroites qui s’enchevêtrent autour des maisonnettes des moines et des temples.

En général, les moines vivent au monastère. Mais ils vont fréquemment en ville pour flâner ou s’approvisionner.

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La vie des moines reste pour nous une sorte de mystère. En s’élançant dans OTHER, on pensait qu’ils menaient tous une vie austère et rude, à l’image des moines catholiques d’il y a quelques siècles. On les imaginait sveltes, voire mal nourris, passant une bonne partie de leur vie en méditation, à faire du yoga, ou à étudier les textes et ignorant les plaisirs matériels et le progrès. Mais il n’en est rien. La grosse majorité, qui est la majorité visible, est largement bien nourrie, pour ne pas dire rondouillette, et est à la pointe de la technologie. Ces moines que l’on voit à moto, ou en ville ne passent probablement que peu de temps à prier pour le salut de leurs confrères.

L’impression qu’on a au final, est que le moine est une supercherie. Il vit de la générosité des autres, sans travailler, mais ne semble pas honorer son contrat. C’est sans doute pour ça qu’on en voit tant : une bonne planque !

On ne veut pas faire de généralité, et il est évident que tous les moines et lamas ne sont pas dans cette situation. Il s’agit juste d’un témoignage de ce qu’on observe sur place.

On goûte encore au climat local. Au menu donc, giboulées de neige et de pluie, tempêtes de grêle, et éclaircies pour nous sécher ! On est globalement à moins de 4000 m, la température est donc plus « douce », mais toujours pas d’arbres pour faire du feu ! Les veillées sont courtes, et on se couche avec le soleil !

On croise à plusieurs reprises des nomades qui déménagent. Ces scènes sont magnifiques : troupeau de yaks, dont certains portent tous les biens de la famille, tentes, piquets, poêle, panneau solaire, affaires personnelles. La caravane avance d’un pas lent, suivie par les membres de la famille à cheval. On imagine alors les caravanes de thé, qui par endroit sur le plateau tibétain, était transporté à dos de yaks et non de chevaux. La patience est de rigueur, car les yaks sont des animaux puissants et massifs, mais à la démarche posée et tranquille. Leur vitesse est inférieure à celle des chevaux, on l’estime à moins de 3 km/h. Pour comparaison, on marche à 5 km/h. Tous ceux qui ont déjà randonné avec un âne vous le diront : ça n’avance pas ! Alors un yak, n’en parlons pas ! Lentement, mais sûrement…

Le retour à la ville se fait tranquillement et sereinement. Pour une fois, on avait mentalement bien anticipé et préparé le retour à la civilisation. C'est d'autant plus facile quand on connaît déjà la ville, et qu'on peut la visualiser.

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