Vous l'aurez compris, un peu de confort nous fait envie après cette rando bien sauvage. On file donc vers la plus grande ville du coin, Yushu, on est sûr de trouver un hôtel (mais toujours sans eau chaude...), internet, et des fruits et légumes ! C'est un peu les critères de base pour nous dans ce qu'on considère comme du confort...

Yushu est située à l'extrême sud-est de la province du Qinghai, à seulement 100 km de la province autonome du Tibet, et à peine 300 km du lieu de notre arrestation...

Yushu roi

C'est une ville tibétaine dont on sent qu'elle ne vit que par deux types de commerce : avec les nomades et les moines.

Les nomades viennent à Yushu pour se fournir en tissus et vêtements, en tentes et en ustensiles de cuisine, ainsi qu'acheter des motos et des téléphones portables, voire une télé et une parabole. La ville comprend donc moultes échoppes colorées qui étalent de fausses fourrures en synthétiques (à l'image des animaux sauvages du plateau : léopard, loup, tigre), de riches tissus brodés, et des chapeaux en feutre pour ces messieurs et en tissus pour ces mesdames. Niveau accessoire, les Tibétains adorent les pierres précieuses, surtout l'ambre et le corail. A côté des bijoutiers vendant de vraies pierres, les vendeurs à la sauvette proposent des ersatz en plastique.

Quant aux moines, ils sont omniprésents dans la ville. Yushu se caractérise par un nombre élevé de monastères. A la louche, on estime à une bonne cinquantaine le nombre de monastères dans un rayon de 200 km. En conséquence directe, des boutiques qu'on pourrait qualifier de "Tout pour le moine" à tous les coins de rues. On y trouve des tissus aux couleurs lamastiques (rouges, pourpres, oranges et jaunes profonds), toutes sortes de couvre-chefs, qui témoignent du sexe et de l'appartenance à un courant bouddhiste, les accessoires du parfait moine, à savoir le chapelet et bien sûr le téléphone portable (mais il y a des boutiques spécialisées en téléphonie ! ). Et enfin, au détour des rues, on découvre les boutiques de fournitures des temples : les fameux drapeaux à prières, mais aussi l'huile et les mèches pour faire les bougies, et des artisans qui travaillent les métaux qui recouvrent les moulins à prières et les poignées des lourdes portes, ou des menuisiers qui taillent et sculptent des pièces variées. Bref, un vrai régal pour les yeux ! 

chapeau    moines

Moins agréable, il y a beaucoup de mendiants. On n'en avait pas vu du tout depuis bien longtemps, mais ici, c'est une vraie industrie. On différencie les rangées de moines assis en tailleurs sur le trottoir agitant la clochette en psalmodiant, des vrais mendiants avec enfants en première ligne, qui viennent la liasse à la main jusque dans les restau pour vous faire couler une larme. Et chose étrange, on voit aussi des marginaux dont on pourrait croire que ce sont d'anciens ermites ou moines, mais dont la vie spirituelle n'a pas suffit à nourrir le corps, et qui se retrouvent en ville pour subsister.

mendiant    chevre

Un beau mélange des genres, avec quelques Hans top-fashion pour compléter ce tableau : casquette américaine de côté, baggy ou jeans slim-fit, piercing, un autre monde !

A quelques km de Yushu se trouve un monastère fameux car il détient le record du monde du nombre de pierres sacrées empilées ! 2 milliards de pierres, autour desquelles déambulent les croyants, en faisant tourner leur moulin à prière et en chantant. On a trouve l'ambiance très sympa. Dans les temples jouent les enfants des gardiens au milieu de dévots, et lors d'une pause bien méritée les gens discutent spontanément entre eux. Mais finalement, tant de pierres, empilées sur 5 m de haut en moyenne, ne font qu'un tour d'un km environ. Pas de quoi satisfaire les dieux, et les pèlerins s'offrent plusieurs tours. Outre l'aspect spirituel, on ne peut s'empêcher de penser que ces exercices quotidiens doivent conserver et maintenir en forme toutes ces personnes âgées qui parcourent ainsi plusieurs km par jour ! Pas besoin de DHEA, la 3ème génération reste mobile !

pelerinage    vieillard

Yushu est également connu pour son célèbre festival de chevaux auquel on ne pourra pas assister car il a lieu tous les 25 juillet et que notre visa se termine le 29... Pour les curieux, cette vidéo ici explique bien la culture tibétaine de la ville sous administration chinoise.