Sur la Route du Thé et des Chevaux

04 décembre 2011

Nouvelle grande marche

Après presque 2 ans et demi à Paris, nous faisons une nouvelle crise de "voyagite" aigue : ils nous faut repartir !

Le départ est fixé en avril 2012 pour un périple à pied sur l'Ancienne Route du Thé de Sibérie. Nous rejoindrons le Lac Baikal depuis la Muraille de Chine via la Mongolie et le désert de Gobi.

Tous les détails de cette expédition sur nextsteppe.canalblog.com

A bientôt

Julie & Philippe

Posté par Julie Philippe à 18:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]


30 juin 2009

C’est avec émotion…

… que nous quittons la Chine et que nous refermons ce blog !

Nous avons vécu comme des caravaniers pendant ces 5 mois passés sur la Route du Thé et des Chevaux. Nos efforts ont été grandement récompensés par la richesse des rencontres, tant avec nous-mêmes qu’avec les habitants si hospitaliers de ces contrées magnifiques. Nous sommes ravis et enchantés par cette vie de nomade et par cette découverte de la vie au rythme de la marche.

Merci à nos sponsors, à nos proches soutiens et à vous lecteurs pour votre fidélité et vos commentaires. Nous avons pris énormément de plaisir à faire ce blog, malgré les tracas de la censure chinoise, car nous aimons faire partager ces valeurs de fraternité entre les peuples que nous avons essayé de véhiculer tout au long de notre périple.

Sous forme de clin d’œil, un petit bilan chiffré de notre voyage dans ces contrées méconnues :

- 2500 km de marche en autonomie
- 5 mois en Chine
- Altitude de 800 à 4828m
- Température de –14° à +38°C
- Latitude de 22° à 36°
- 23 kg à se partager dans les sacs à dos
- 3 provinces chinoises
- Une vingtaine de minorités rencontrées
- Des plantations de thé, des caravanes de chevaux et de yaks

- 0 blessure
- 1 cascade à la Jackie Chan sans gravite dans les rizières
- 130 pas au 100 mètres, soit... beaucoup de pas !
- 2500 tasses de thé (au moins)
- 600 bols de riz (au moins aussi)
- Beaucoup trop de soupes de nouilles lyophilisées
- 1 tourista (et rien d’autre)
- 12 545 pages lues sur ce blog (le 30/6 vers 17h00)
- 1 000 000 de « NiHao » (Ca c’est nous saluant pendant la marche)
- 1 000 000 de « Rrallo » (Ca c’est eux qui n’arrivent pas à dire Hello)
et 10 000 000 de sourires…

Zaijian

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29 juin 2009

Chengdu

Chengdu est la capitale de la province du Sichuan et la quatrième ville de Chine. Une grosse mégalopole donc, de la taille de l’agglomération de Paris. Chengdu est saturée de voitures et le ciel bleu semble n’être plus qu’un vague souvenir, du moins pendant notre passage. On trouve dans cette ville tout ce qui fait parler de la Chine en ce moment : gratte-ciels modernes, « vieux quartiers » complètement neufs qui font la fierté des locaux en mal de patrimoine, boutiques de luxe en centre-ville, chantiers de construction à grande échelle, grues partout… C’est une ville Han, située dans la plaine fertile de l’est du Sichuan, pas si loin du Tibet mais résolument chinoise.

vrais_faux_vieux_quartier    vendeur_de_lampions

Pour la première fois d’OTHER, on pose nos sacs dans une guest house anglophone, moitié Asiatiques, moitié Occidentaux mais 100 % touristes. On apprécie le confort du lieu et la propreté aux critères de chez nous. Même la douche est chaude et propre !

toits princesse

On contacte vite notre ami QianWu rencontré par hasard lors de notre passage express il y a un peu plus d’un mois. On passe de bons moments avec lui et sa « girl friend ». En le suivant, on comprend comment les Chinois arrivent à visiter l’Europe en une semaine. Il suffit en fait de courir toute la journée en ne passant que quelques minutes sur chacun des sites visités. Pas vraiment dans nos habitudes mais bon…

nos_amis dans_la_vieille_ville

Une belle excursion nous emmène dans une vieille ville à quelques 2 heures de bus de Chengdu. Nous profitons de la nature exubérante et de l’architecture traditionnelle chinoise avec nos 2 guides.

Parmi les attractions sympathiques de Chengdu, notons de très beaux parcs qui n’ont rien à envier aux dernières créations paysagères françaises. Les parcs sont de vrais espaces publics, au sens où les l’ensemble de la population s’approprie le lieu pour ses activités. Ca va des cours de Tai Chi, Qi Gong, Kung Fu, aux danses folkloriques, en passant par les médecins et dentistes ambulants. Un beau panel de la population se retrouve donc pour pratiquer des activités sportives et de détente. Et bien entendu, les cafés locaux, à savoir les maisons de thés proposent un cadre sympa en plein air au bord des lacs artificiels. Dans le jardin aux poèmes que nous avons particulièrement apprécié, de nombreuses pierres sont gravées d’odes célèbres de la littérature chinoise. Il nous faudra encore quelques séjours ici pour arriver à les décrypter !

monast_re    cloche_et_bouddha

On a fait le choix délibéré de ne pas visiter les grandes villes de la côte est de la Chine, qui, d’après nos impressions, vivent à un rythme totalement différent de la Chine des campagnes et des montagnes que nous avons arpentée. C’est également la différence entre la Chine des Hans et celle des minorités. Pour nous, cela constituera(it) un autre voyage, dans une autre optique. Chengdu nous donne tout de même un aperçu de ce qu’est la vie trépidante de Shanghai ou de Beijing.

Après quelques jours, notre avion nous attend…

poeme

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28 juin 2009

Et pour la suite...

De retour à Yushu, nous prenons le temps de faire le point sur nos envies.

Nous avons parcouru la totalité de la Route du Thé et des Chevaux du Yunnan, 95% de celle du Sichuan, et avons fait encore quelques centaines de kilomètres au Qinghai. De cette manière, nous avons vraiment tourné autour de la Région Autonome du Tibet, dont la situation n’a pas changé, l’accès restant cantonné aux seuls tours organisés. Parcourir le tronçon de la Route du Thé de cette province est donc inenvisageable, on a déjà goûté une fois à une arrestation policière en Chine, pas très envie de recommencer !

Cliquez sur les cartes pour mieux les visionner

1= "Frontière" tibétaine impossible à franchir - Province du Yunnan
2= Arrestation alors que nous sommes encore à 120 km de la Province Autonome du Tibet - Province du Sichuan
3= Point le plus au sud qui nous est autorisé dans le Qinghai

Carte_CHINE_zoom    Carte_CHINE

Nous avons collé au plus près de notre projet initial, en tenant compte des imprévus géopolitiques. Et, à ce stade de l’aventure, nous pouvons être fiers de nous.

Il est temps de prendre une décision. Nous prenons grand plaisir à marcher, à vivre dans ces paysages magnifiques et auprès de ces populations tellement différentes de nous. Le contact est toujours enrichissant. Au fond de nous, nous ressentons l’impression d’avoir passé ici bien plus que quelques mois. Cette vie de voyageur nomade est si riche et tellement remplie de surprises, qu’il nous semble que cela fait déjà plusieurs saisons que nous sommes partis. Nous nous sentons enrichis et comblés. Notre voyage peut s’arrêter, nous sommes allés là où nous le souhaitions, et avons expérimenté, appréhendé, compris et vécu ce que nous voulions. C’est donc joyeux que nous décidons de quitter la Route du Thé et des Chevaux, et la Chine.

DSC02606

Une page se tourne, mais quelle histoire !

En route pour Chengdu et son aéroport international...

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24 juin 2009

Aux alentours de Yushu

Les alentours de Yushu sont tibétains. On choisit de déambuler dans des vallées sauvages, où coulent de belles rivières. Plus on avance, moins on croise de nomades et de yaks. Ces paysages commencent à devenir familiers pour nous, mais on ne manque pas de s’émerveiller quand même.

DSC02843    DSC02844

Les monastères sont nombreux, mais on n’en visite peu. Notre culture chrétienne a du mal à s’habituer au fait qu’ici, les monastères ne sont pas du tout des lieux clos. Ce sont des lieux de vie ouverts sur l’extérieur, et les voisins viennent y faire leurs offrandes. On y entre sans problème, et on a alors tout loisir de se promener dans les ruelles étroites qui s’enchevêtrent autour des maisonnettes des moines et des temples.

En général, les moines vivent au monastère. Mais ils vont fréquemment en ville pour flâner ou s’approvisionner.

   porte    jeunes_moines

La vie des moines reste pour nous une sorte de mystère. En s’élançant dans OTHER, on pensait qu’ils menaient tous une vie austère et rude, à l’image des moines catholiques d’il y a quelques siècles. On les imaginait sveltes, voire mal nourris, passant une bonne partie de leur vie en méditation, à faire du yoga, ou à étudier les textes et ignorant les plaisirs matériels et le progrès. Mais il n’en est rien. La grosse majorité, qui est la majorité visible, est largement bien nourrie, pour ne pas dire rondouillette, et est à la pointe de la technologie. Ces moines que l’on voit à moto, ou en ville ne passent probablement que peu de temps à prier pour le salut de leurs confrères.

L’impression qu’on a au final, est que le moine est une supercherie. Il vit de la générosité des autres, sans travailler, mais ne semble pas honorer son contrat. C’est sans doute pour ça qu’on en voit tant : une bonne planque !

On ne veut pas faire de généralité, et il est évident que tous les moines et lamas ne sont pas dans cette situation. Il s’agit juste d’un témoignage de ce qu’on observe sur place.

On goûte encore au climat local. Au menu donc, giboulées de neige et de pluie, tempêtes de grêle, et éclaircies pour nous sécher ! On est globalement à moins de 4000 m, la température est donc plus « douce », mais toujours pas d’arbres pour faire du feu ! Les veillées sont courtes, et on se couche avec le soleil !

On croise à plusieurs reprises des nomades qui déménagent. Ces scènes sont magnifiques : troupeau de yaks, dont certains portent tous les biens de la famille, tentes, piquets, poêle, panneau solaire, affaires personnelles. La caravane avance d’un pas lent, suivie par les membres de la famille à cheval. On imagine alors les caravanes de thé, qui par endroit sur le plateau tibétain, était transporté à dos de yaks et non de chevaux. La patience est de rigueur, car les yaks sont des animaux puissants et massifs, mais à la démarche posée et tranquille. Leur vitesse est inférieure à celle des chevaux, on l’estime à moins de 3 km/h. Pour comparaison, on marche à 5 km/h. Tous ceux qui ont déjà randonné avec un âne vous le diront : ça n’avance pas ! Alors un yak, n’en parlons pas ! Lentement, mais sûrement…

Le retour à la ville se fait tranquillement et sereinement. Pour une fois, on avait mentalement bien anticipé et préparé le retour à la civilisation. C'est d'autant plus facile quand on connaît déjà la ville, et qu'on peut la visualiser.

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15 juin 2009

Encore un peu de rando...

Comme on apprécie quand même bien la marche (il vaut mieux après plus de 2000 km), on repart en "ballade" autour de Yushu pour profiter de la culture tibétaine et des nombreux monastères de la région.

A bientôt donc !

phil

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14 juin 2009

Yushu

Vous l'aurez compris, un peu de confort nous fait envie après cette rando bien sauvage. On file donc vers la plus grande ville du coin, Yushu, on est sûr de trouver un hôtel (mais toujours sans eau chaude...), internet, et des fruits et légumes ! C'est un peu les critères de base pour nous dans ce qu'on considère comme du confort...

Yushu est située à l'extrême sud-est de la province du Qinghai, à seulement 100 km de la province autonome du Tibet, et à peine 300 km du lieu de notre arrestation...

Yushu roi

C'est une ville tibétaine dont on sent qu'elle ne vit que par deux types de commerce : avec les nomades et les moines.

Les nomades viennent à Yushu pour se fournir en tissus et vêtements, en tentes et en ustensiles de cuisine, ainsi qu'acheter des motos et des téléphones portables, voire une télé et une parabole. La ville comprend donc moultes échoppes colorées qui étalent de fausses fourrures en synthétiques (à l'image des animaux sauvages du plateau : léopard, loup, tigre), de riches tissus brodés, et des chapeaux en feutre pour ces messieurs et en tissus pour ces mesdames. Niveau accessoire, les Tibétains adorent les pierres précieuses, surtout l'ambre et le corail. A côté des bijoutiers vendant de vraies pierres, les vendeurs à la sauvette proposent des ersatz en plastique.

Quant aux moines, ils sont omniprésents dans la ville. Yushu se caractérise par un nombre élevé de monastères. A la louche, on estime à une bonne cinquantaine le nombre de monastères dans un rayon de 200 km. En conséquence directe, des boutiques qu'on pourrait qualifier de "Tout pour le moine" à tous les coins de rues. On y trouve des tissus aux couleurs lamastiques (rouges, pourpres, oranges et jaunes profonds), toutes sortes de couvre-chefs, qui témoignent du sexe et de l'appartenance à un courant bouddhiste, les accessoires du parfait moine, à savoir le chapelet et bien sûr le téléphone portable (mais il y a des boutiques spécialisées en téléphonie ! ). Et enfin, au détour des rues, on découvre les boutiques de fournitures des temples : les fameux drapeaux à prières, mais aussi l'huile et les mèches pour faire les bougies, et des artisans qui travaillent les métaux qui recouvrent les moulins à prières et les poignées des lourdes portes, ou des menuisiers qui taillent et sculptent des pièces variées. Bref, un vrai régal pour les yeux ! 

chapeau    moines

Moins agréable, il y a beaucoup de mendiants. On n'en avait pas vu du tout depuis bien longtemps, mais ici, c'est une vraie industrie. On différencie les rangées de moines assis en tailleurs sur le trottoir agitant la clochette en psalmodiant, des vrais mendiants avec enfants en première ligne, qui viennent la liasse à la main jusque dans les restau pour vous faire couler une larme. Et chose étrange, on voit aussi des marginaux dont on pourrait croire que ce sont d'anciens ermites ou moines, mais dont la vie spirituelle n'a pas suffit à nourrir le corps, et qui se retrouvent en ville pour subsister.

mendiant    chevre

Un beau mélange des genres, avec quelques Hans top-fashion pour compléter ce tableau : casquette américaine de côté, baggy ou jeans slim-fit, piercing, un autre monde !

A quelques km de Yushu se trouve un monastère fameux car il détient le record du monde du nombre de pierres sacrées empilées ! 2 milliards de pierres, autour desquelles déambulent les croyants, en faisant tourner leur moulin à prière et en chantant. On a trouve l'ambiance très sympa. Dans les temples jouent les enfants des gardiens au milieu de dévots, et lors d'une pause bien méritée les gens discutent spontanément entre eux. Mais finalement, tant de pierres, empilées sur 5 m de haut en moyenne, ne font qu'un tour d'un km environ. Pas de quoi satisfaire les dieux, et les pèlerins s'offrent plusieurs tours. Outre l'aspect spirituel, on ne peut s'empêcher de penser que ces exercices quotidiens doivent conserver et maintenir en forme toutes ces personnes âgées qui parcourent ainsi plusieurs km par jour ! Pas besoin de DHEA, la 3ème génération reste mobile !

pelerinage    vieillard

Yushu est également connu pour son célèbre festival de chevaux auquel on ne pourra pas assister car il a lieu tous les 25 juillet et que notre visa se termine le 29... Pour les curieux, cette vidéo ici explique bien la culture tibétaine de la ville sous administration chinoise.

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13 juin 2009

Bilan de notre tour de l'Amnye Machen

C'est de loin les jours les plus sauvages de tout OTHER pour l'instant. Ce sont aussi les paysages les plus austères et les plus rudes, avec ces immensités qui peuvent presque être un peu angoissantes. On déplore bien sûr de ne pas pouvoir se renseigner sur la météo avant de partir, ce qui nous ferait gagner un peu en sécurité... On peut dire qu'on en a un peu bavé, pas tant au niveau musculaire (on commence quand même à être plus que bien entraînés ! ) qu'au niveau confort. Une petite anecdote, à la fin des 9 jours, on s'est installé dans un restau, la porte ouverte mais un poêle allumé. Et là, on a compris qu'on avait trop chaud ! Ces quelques jours, tout le temps dehors, on s'est habitué au froid, et une source de chaleur nous parait de trop !

Niveau paysage, on s'est rendu compte en redescendant plus tard dans une vallée à 3600 m, que les arbres sont un des éléments qui manquent cruellement à notre référentiel d'habitant de zone tempérée. Là-haut, sur le plateau, on a conscience qu'il n'y a rien d'autre que de l'herbe rase, sans plus. Mais le sentiment de manque se fait sentir quand on revoit des arbres, leur feuillage rassurant et l'écran qu'ils font par rapport à l'horizon. L'immensité est parsemée de verdure, on se retrouve dans un espace connu.

Alors Philippe, tu fais le tour en genou-flexions ?

philippe

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12 juin 2009

Côté sud - col à 4700 m

Finalement on reste 2 nuits au village du nord-est. Les 4 derniers jours (2 pour l'approche et 2 pour le col) nous ont quand même un peu fatigués et on préfère être en forme pour la suite qui promet d'être intense. En quittant le village, on visite un petit monastère dans lequel une tapisserie sur le mur d'un temple représente le pèlerinage autour de l'Amnye Machen. On ne comprend pas tout mais on apprécie l'ambiance. On croise la caravane de Yaks du touriste Allemand. Ils nous ont rattrapés mais on les redouble vite. Cette première journée est relativement facile, le long d'une rivière en douce montée vers le sud. On est encore sur une piste, presque la civilisation !

monastere caravane

linge

Et c'est là qu'on croise les 2 seuls pèlerins qu'on verra de toute la circumambulation. Il semble que ce sont un père et son fils, sans équipement ni sac. Ils ont aux mains des protections en forme de plaque, ainsi qu'une sorte de tablier de cuir. En effet, ils font le pèlerinage... en se prosternant sur tout le chemin. Cela veut dire qu'ils font deux pas les mains jointes puis s'allongent de toute la longueur de leur corps, tête contre le sol, se relèvent et recommencent. Complètement incroyable cette dévotion ! On a entendu dire qu'ils pouvaient faire 6 ou 7 km par jour... On repensera très régulièrement à eux dans la suite du trek. Comment font-ils dans la neige ? Qui les nourrit ? Ou dorment-ils ?

Le soir on oblique vers l'est et commence vraiment l'aventure : plus de piste, que des vagues sentes, quelques cairns et les points GPS qu'on a relevés avant de partir. Bientôt il est l'heure de s'arrêter pour la nuit.

Le lendemain matin, nous sommes accompagnés par 3 "cueilleurs de champignons". Plus loin nous croisons encore 2 cavaliers mais nous sommes vraiment dans la nature à l'état brut. Vers 16h, une grosse tempête de neige nous surprend et nous trempe malgré les ponchos. Le point le plus haut du tour à 4720 m n'est plus très loin et les nuages se dissipent pour nous laisser voir l'autre face du massif de l'Amnye. On sèche rapidement au maigre soleil et on rejoint le col. Il y a plusieurs chortens et de nombreux drapeaux tibétains tous très colorés. On trouve quelques protections des mains de pèlerins, preuves qu'ils viennent jusqu'ici en se prosternant.

cavaliers col

Derrière le col un grand plateau s'annonce et les cairns s'arrêtent soudainement. On monte la tente, une soupe de nouilles et au lit !

Vers 3h du matin, branle-bas de combat : la neige qui tombe dru commence à recouvrir la tente et il faut impérativement la décharger. La neige ne s'arrêtera pas après quelques heures comme d'habitude. A 9h, on ne peut plus attendre et on lève le camp dans 15 cm de "fraîche". La visibilité est plus que réduite et l'ambiance est presque angoissante. On a bien un point GPS à 30km à vol d'oiseau : peut-être 2 jours de marche si les vallées sont sinueuses... On finit par trouver la rivière qu'on cherche sur le plateau, il n'y a plus ensuite qu'à la suivre. Pas si facile avec cette neige qui cache tous les pièges du sol et qui continue à nous cingler le visage.

Vers 14h, on profite d'une éclaircie pour déjeuner et faire sécher tente, duvets et matelas. La vue est maintenant dégagée et la vallée que l'on suit nous mènera bien au point K, comme nous avons appelé notre prochaine étape. On reprend la marche pour tomber... sur un glacier au milieu de la rivière ! Ou du moins les énormes résidus d'une grosse avalanche de séracs tombée peut-être il y a quelques années. Petit labyrinthe de crevasses mais on passe sans trop de souci. Déjà pas mal d'émotion pour cette journée ! La suite est plus simple, on quitte le lit de la rivière pour un sentier sur la rive, nettement plus rapide que la marche dans les pierres. Bivouac au bord d'une falaise, ambiance Etretat en décembre.

glacier bivouac

Le lendemain, on pense finir tranquillement, d'autant plus qu'on aperçoit de nouveau des tentes de nomades et des maisons. On arrive à une intersection sur laquelle on hésite beaucoup : le petit col en face ou la rivière à droite ? Mais on avise une piste qui suit la rivière, dans la bonne direction. Parfait ça, on prend à droite ! En fait la piste ne dure que 500m, ensuite il n'y a plus que des gorges dans lesquelles on se mouille jusqu'aux fesses... Bon ok, on revient sur nos pas, 2 heures de perdues, les pieds nettoyés (!) et le petit col à monter.

Ensuite, la fin de journée nous ramène au village du départ du tour, presque plus vite que prévu. On est passé !

2 jours au nord et 4 jours au sud, pas mal pour des étrangers qui ont eu le luxe de se perdre une paire de fois.

julie    phil

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11 juin 2009

Les villages au rythme de la saison des Caterpillar Fungus

On a l'occasion à deux reprises de s'arrêter dans un village pour la nuit et ravitailler. A chaque fois, c'est une sensation extrêmement bizarre. Ce sont des agglomérats de maisons, toutes petites et qui respirent la pauvreté. On est loin des grandes et belles maisons tibétaines des bords du plateau, là où le climat est plus clément et permet de faire pousser l'orge et d'élever des yaks sur des prairies grasses et abondantes.

maison

Nous avons du mal à trouver notre place parmi les locaux. L'accueil est différent de tout ce qu'on a pu connaître jusqu'à présent. C'est une sorte d'indifférence apparente, mais on sent quand même qu'on attise la curiosité. Il faut dire que nous tombons au pic de la saison des Caterpillar Fungus, et que chaque village est en ébullition autour de ce commerce. Des hommes descendent de toutes les montagnes, leur récolte dans la besace, et dans toutes les boutiques et les rues, ça compte, ça dénombre, ça mesure, ça négocie et finalement ça échange des liasses de billets. Pas beaucoup de temps donc pour nous indiquer une chambre ou nous questionner sur la raison de notre présence. Parfois même, on sent que les épiciers préfèrent ne pas passer 10 minutes à nous étaler leurs denrées et plutôt recompter les chenilles et les brosser, ou guetter le fournisseur.

Les éleveurs, une fois leurs poches remplies de billets, s'attablent en groupes à l'unique restaurant et c'est un beau capharnaüm où il est difficile de se faire une place et de commander.

Bref, c'est une des premières fois où on se sent un peu étranger, au sens d'un certain désintéressement et d'une froideur à notre égard.
En dehors des villages, on ne croise personne, car les rares tentes de nomades sont éloignées des pistes et sentiers.

Une exception cependant. Un matin, alors qu'on finit de petit-déjeuner, trois hommes et une femme s'assoient à nos côtés. Ils vont dans la même direction que nous, chercher des champignons magiques. On marchera 2 h avec eux, l'occasion de bien comprendre le business. Les trois hommes sont Tibétains, mais viennent de Xining. Ils logent chez des "amis", dans une tente en contrebas dans la vallée. Ils sont là pour la saison des champignons, soit 40 à 50 jours. Chacun trouve 20 chenilles par jour, à 20 Yuan la chenille. Ça leur fait donc un total de près de 20 000 Yuan la saison, ce qui correspond à environ 15 000 Euros en équivalent niveau de vie français. Une fortune donc pour 1,5 mois de travail ! Ce qu'on leur dit. Oui, mais non. Ils doivent reverser la moitié à la famille qui les héberge, sans les nourrir. Ils paient donc une sorte de droit d'entrée dans la vallée. On se dit qu'avec des "amis" comme ça, on n'a plus besoin d'ennemis !

chercheurs

Ce qu'on aimerait savoir, c'est la manière dont est régulé l'accès. Si chaque vallée tenait un conseil pour déterminer le nombre de prélèvements de l'année pour ne pas appauvrir les ressources, puis faisait payer l'entrée pour contrôler le nombre de chercheurs, pourquoi pas. Mais dans la pratique, on imagine que c'est tout bénéfice pour la famille qui domine la vallée, et que si des étrangers sont trouvés la binette à la main et les poches pleines de chenilles, ça risque de chauffer pour eux. On rencontrera d'ailleurs aussi des "gardes Caterpillar Fungus" (à défaut d'être des gardes forestiers !), installés avec une barrière sur la piste d'une vallée pour la saison. On croit comprendre qu'ils vérifient l'entrée, et sont sûrement là aussi en cas de règlement de compte inopiné.

Encore une fois, ces champignons-chenilles sont une manne financière inattendue pour ces gens très pauvres, mais qui risque de ne pas avoir que des effets positifs. Le jour où la bulle financière explosera, mais que les locaux ne voudront pas revenir en arrière sur le confort acquis, que se passera-t-il ?

main

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10 juin 2009

Côté nord - premier col à 4600 m

Le tour de l'Amnye Machen c'est donc un peu comme le tour du Mont-Blanc...

Sauf quelques petites spécificités... entre autres :
- l'obligation de tourner dans le sens des aiguilles d'une montre, par respect pour le bouddhisme tibétain. Tous les moulins à prière tournent dans ce sens et la visite de tous les monuments religieux se fait ainsi.
- l'altitude nettement plus haute que dans nos Alpes (entre 4000 et 4700 m).
- le temps changeant. On dit toujours que le temps change vite en montagne mais là on atteint des extrêmes. Il peut faire un franc soleil et 25 degrés, on est tranquille en chemise. Et en quelques minutes les nuages arrivent, et le tempête de neige commence, flocons horizontaux qui glacent le visage et visibilité réduite à 10 mètres.
- il n'y a pas le Shopi des Houches pour ravitailler, ce qui impose d'une part de porter pas mal de vivres mais aussi de manger "local". On fait une overdose de soupes asiatiques et de biscuits secs !
- L'isolement. On n'a finalement croisé que 2 pèlerins ! Peut être parce qu'on est un peu tôt dans la saison du pèlerinage ? Par contre on a doublé un unique touriste allemand bien accompagné : un guide anglophone, un caravanier avec 5 yaks et un cavalier dont on n'a pas compris l'utilité. Sinon, quelques motards dans la partie nord du tour et pas mal de tentes de nomades. Mais dans le blizzard on était seul !
- les nombreux monuments et signes du Tibet. Assez régulièrement sur le parcours on peut observer des drapeaux tendus, des piquets aux sommets des cols et des cairns. Et le tour passe à proximité de 3 monastères.

amnye chortens

Le matin du départ pour le tour, le soleil est bien présent. On est ravi car depuis qu'on est sur le plateau, on n'a eu que du mauvais temps. La vue sur le massif de l'Amnye est splendide et le début de la première étape consiste à suivre une rivière relativement plate avec comme point de mire le sommet de la montagne sacrée. On suit une piste qui relie deux villages et il y a un petit peu de trafic, peut être une moto toutes les heures... Après la plaine, la montée au premier col commence. La caravane de l'Allemand s'arrête au pied du col, vers 4200m. Comme on a l'espoir de passer et de redescendre un peu sur l'autre versant pour éviter de bivouaquer au sommet, on tente le coup. La montée est très progressive, ce qui pourrait être un avantage mais finalement ça rallonge surtout la marche. Un peu avant le col on retrouve la neige et le brouillard. Il est déjà 17h30 mais il faut qu'on passe le col. Finalement on arrive au sommet à 4600 m, on remercie les dieux comme il se doit et on file sans demander notre reste car il caille sévère et qu'on veut essayer de perdre un peu d'altitude.

motards   au_pied

On est littéralement au pied du massif de l'Amnye Machen et c'est une vision presque effrayante. C'est vraiment un domaine de haute montagne et bien évidement ça remet le randonneur à sa place !

sommet col

Sur l'autre versant, on avise une cabane de berger sur la moraine d'une glacier. Belle aubaine, c'est justement ce qu'il nous faut ! Il s'avère malheureusement que la cabane est fermée et qu'on doit camper à côté. Un peu rageant mais on ne va quand même pas faire sauter le cadenas. Et la cabane offre une bonne protection du vent, ce qui n'est déjà pas mal.

Le lendemain, on profite de la belle météo pour faire un brin de toilette, Julie ira même jusqu'à se laver les cheveux. Elle a bien raison : déjà 4 jours sans douche et qui peut prédire quand sera la prochaine ?

bivouac   cheveux

Cette étape en descente est plus facile. On s'offre une petite traversée de rivière pour gagner quelques centaines de mètres, juste au moment où 5 hommes débarquent pour discuter. Pas très simple les présentations quand on est pieds nus et en slip !

La fin de la journée est longuette mais on finit par arriver dans le seul petit village du tour. On essaie le seul resto du coin et le sentiment est très proche d'un saloon du Far West : on pousse la porte et tout le monde s'arrête de parler, baguettes suspendues entre l'assiette et les lèvres...

2 jours pour 60 km en montagne alors que le guide de l'Allemand nous avait assuré que ce n'était pas possible : ça part très fort !

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Marche d'approche

Pour rejoindre le tour de l'Amnye Machen, on commence par deux jours de marche d'approche. On quitte la civilisation qui est représentée par une route bitumée qui traverse du nord-est au sud-ouest le Qinghai. Cette route est complètement incroyable. Elle passe vraiment au milieu de nulle part, et tous les 200 km environ s'étale une petite bourgade avec hôtels, restaurants, stations service et quelques boutiques. Ces bourgades sont glauques au possible. Elle se sont développées tout en longueur le long de l'axe de communication, et sont vides de toute âme. Aucune substance, on plaint un peu ceux qui sont venus vivre là.

On s'élance donc un matin gris, dans la neige, sur le plateau tibétain. A 4200 m, il fait froid, et même en juin, il neige encore. Évidemment, cette couche de 10 cm de poudreuse ne nous facilite pas la vie. On ne voit pas la piste qu'on cherche, et les aspérités du terrain sont cachées, ce qui a pour conséquence qu'on met régulièrement un pied dans un trou plein d'eau.

phil troupeau

Nous avons une carte routière chinoise avec 1 cm pour 13 km et une carte touristique avec 1 cm pour 16 km. Autrement dit, c'est impossible de marcher avec ça ! On a donc repéré quelques points stratégiques sur Google Earth, et une fois rentrés dans le GPS, ils nous sont d'une grande utilité pour nous repérer et nous diriger. Surtout en cas de neige qui cache tout !

On décide donc de couper "droit dedans" comme on dit. Mais contrairement aux idées reçues, le plateau tibétain n'est pas plat. Il est vallonné ! De petites collines qu'il faut franchir successivement, et à cette altitude, une petite montée de rien du tout demande quelques efforts.

On passe notre première nuit sous la neige qui tombe sans discontinuer jusqu'au lendemain soir... Quand on arrive à notre première étape, après 40 km, on n'a vu que du ciel gris, entrecoupé de flocons. Que de tristesse et de désolement ! On est content d'être là, mais avec du soleil, ce serait tellement mieux !

bivouac

Bivouac isolé, la tente est bien petite !

La faune sauvage est facile à observer ici. Ces grands horizons ouverts et l'absence d'humain nous donnent de nombreuses occasions de nous émerveiller. Au Yunnan, pendant les 2,5 premiers mois de notre périple, nous n'avons pas vu d'animaux sauvages. Nous avons aperçu nos premiers mammifères significatifs (de plus d'un mètre) sur la partie Sichuan du plateau tibétain, il y a un mois environ. C'était à l'époque des macaques du Tibet et des ongulés type bouquetin ou mouflon.

Ces derniers jours, on a eu tout loisirs d'observer des troupeaux entiers d'antilopes du Tibet, des vols majestueux de vautours avec leurs 2 m d'envergure, des grues et des oies, des renards, et multitudes de marmottes et de petits rongeurs qui courent partout et trouent le sol, à tel point qu'on s'enfonce régulièrement quand leur terrier s'effondre sous nos pas.

antilope

Antilope du Tibet

Mais pour le clou du spectacle, c'était plutôt lui le spectateur et nous les figurants. Nous étions tranquillement en train de déjeuner le premier jour, quand soudain, à 150 m, nous apercevons un mammifère qui nous observe. D'allure canine, il a le pelage clair. Ce ne peut être un chien, car les chiens tibétains sont de gros colosses au poil noir et à la gueule aplatie, reconnaissables entre mille.

Non, ce n'est pas un chien, mais bien un... loup ! On se dévisage un moment, puis il s'en va en trottinant. Par la suite, on en a revu à plusieurs reprises, toujours solitaires, jamais effrayés par notre présence !
Dans le doute, on a demandé à des locaux. La réponse qu'ils nous ont faites pourrait être traduite comme suit : "Ah mes braves gens, si vous saviez ! Il y en a tant par ici !". Et nous un peu inquiets de continuer : "Et ils mangent les hommes ?". "Non, que les yaks et les moutons". "Ah bon. Mais même pas les blancs qui dorment dehors dans une toute petite tente ?". Mais non, pas d'inquiétude à avoir, on peut dormir sur nos deux oreilles, la bobinette ne cherra pas !

loup

 

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09 juin 2009

L'Amnye Machen

L'Amnye Machen est situé dans la région sud-est de l'ancienne province tibétaine de l'Amdo, aujourd'hui dans la province chinoise du Qinghai. Il constitue l'extrémité orientale de la chaîne des monts Kunlun.

Le massif est depuis des temps immémoriaux une montagne sacrée et un lieu de pèlerinage pour les populations tibétaines. L'Amnye Machen est considéré comme la résidence de Machen Pomra, la plus grande divinité locale. Il lui est rendu hommage, ainsi qu'aux trois cent soixante dieux secondaires dont il est le chef, par de nombreux pèlerins qui parcourent à pied les quelques 200 km du circuit de circumambulation autour du mont. Avant l'administration chinoise, ils étaient chaque année près de 10 000 à effectuer ce pèlerinage, qui dure normalement entre 6 et 9 jours. Aujourd'hui, le tour est beaucoup plus calme, sans que l'on puisse attribuer ce déclin à la pression chinoise ou à l'arrivée massive des motos dans la région.

Le tour de la montagne est situé à une altitude de plus de 4000 m et le marcheur passe 2 cols, à 4600 et 4700 m.

Dans le bouddhisme tibétain, il y a principalement 2 autres montagnes sacrées :

- Le Mont Kailash ou Gang Rinpoche est le plus haut sommet du plateau tibétain (6 714 m) en dehors de l'Himalaya. Situé dans la préfecture de Ngari, à proximité du lac Manasarovar et du lac Rakshastal, il est à la source de quatre des plus grands fleuves d'Asie : le Gange, le Brahmapoutre, l'Indus et le Sutlej. Cette montagne est le centre de l'univers bouddhiste et chaque bouddhiste aspire à en faire le tour. C'est aussi un lieu sacré pour les hindous, les jains et les bönpos depuis des siècles. Les abords de la montagne divine sont des lieux saints où " les pierres prient ". Le sommet du Kailash est considéré comme la demeure de Shiva et de sa shakti Pârvatî - littéralement fille de la montagne - ce qui explique son caractère sacré pour les hindous.

- Le Kawa Karpo ou Meili (6 740 m), dont nous avons déjà parlé ici, est situé près de Deqin dans le Yunnan. Il y a aussi de nombreux pèlerins qui en font la circumambulation.

China

Et donc vos 2 baroudeurs préférés ont choisi de se mêler aux pèlerins pour cette belle rando autour de l'Amnye Machen  !

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29 mai 2009

Xining

Xining

Xining est une très grosse ville, la capitale du Qinghai. L'ambiance est très proche de ce qu'on a pu voir dans les autres villes chinoises avec une particularité, la présence d'une grosse minorité (ou majorité peut-être) musulmane. La plupart des personnes croisées dans la rue portent un foulard pour les femmes et un chapeau typiquement musulman pour les hommes. Au milieu des immeubles, on aperçoit les minarets des mosquées.

mosque   3

A notre arrivée, plusieurs hôtels refusent de nous louer une chambre et nous renvoient vers les fameux hôtels de luxe pour étrangers. Après 24h de train dans les conditions que vous connaissez et après notre expulsion, ça a tendance à énerver... Mais on finit par trouver un établissement un peu moins regardant et on peut poser nos sacs.

C'est peut-êtrela présence musulmane qui influence la cuisine locale mais en tout cas les repas que l'on fait à Xining sont différents. On a même vu des baguettes de pain et mangé des pâtisseries pas si loin de ce qu'on trouve en France. Il fallait bien fêter l'anniversaire de Philippe quand même ! On a sans doute quitté la Chine du riz pour celle du blé, on trouve des boulangeries partout avec des grosses miches de pain.

beurre   

Boutique spécialisée dans le beurre, avec des conditionnements surprenants

On profite de cette étape pour se ravitailler en cartes, livres en anglais et bien sûr en vivres pour les prochaines randos sur le plateau.

anniversaire   epicier

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La troisième voie

Après notre expulsion de la préfecture tibétaine de Garzé, dans la province du Sichuan, nous passons 3 jours à Kangding où on nous a ramené pour analyser la situation et voir comment prolonger OTHER au plus près de l'objectif initial : suivre la Route du Thé et des Chevaux.

Comme la province du Tibet nous est interdite, de même que (tout ou partie de ?!) la zone tibétaine du Sichuan, nous voulons essayer une troisième voie, celle de la province du Qinghai. Évidement, nous sommes géographiquement loin de l'objectif mais culturellement nous en serons très proches. La province du Qinghai, située au nord de la province actuelle du Tibet correspond globalement à l'ancienne région de l'Amdo, une des 3 régions du Tibet historique. Même culture, même religion, même type de paysage en plateau entre 4000 et 5000m : nous serons "presque" comme au Tibet ! La zone que nous visons est peuplée à 97% de Tibétains, soit finalement beaucoup plus que dans le Tibet colonisé par les Hans. Par contre, nous n'avons pas d'information sur l'autorisation ou l'interdiction qui est faite aux étrangers de trekker dans cette région. Même le bureau de police de Kangding que nous questionnons n'en sait rien. Toujours ce sentiment d'être à la merci du moindre flic un peu trop zélé... On verra bien !

Nous cherchons donc à rejoindre le Qinghai, voisin du Sichuan, depuis Kangding. Il suffirait de prendre un bus et retraverser la zone dont on vient de se faire expulser. On essaie à la gare de bus mais pour une fois, ils sont coordonnés avec les autorités et ne veulent pas nous vendre de billet. L'idée de prendre discrètement un minibus nous effleure évidement mais on finit par accepter le fait qu'on nous impose : il faut faire le grand tour par Chengdu puis rejoindre Xining en train, avec le fameux train qui relie Beijing à Lhassa.

Un coup de 8h de bus et nous sommes donc à Chengdu, mégalopole de plusieurs millions d'habitants (5 ?) et capitale du Sichuan.

On réussît à rejoindre la bonne gare qui permet de prendre le train vers le nord-ouest. Pour ça, nous profitons de l'aide d'un étudiant chinois qui baragouine un peu d'anglais. Spontanément, QianWu nous accompagne en bus à la gare (30 bonnes minutes de trajet) mais malheureusement, notre train ne part que le lendemain. Qu'à cela ne tienne, nous suivons notre nouvel ami qui connaît un hôtel pas cher à coté de son campus. Bon, il y a 2 bonnes heures de transport en commun mais on ne l'apprendra qu'une fois sur place. On apprendra aussi qu'on ne peut pas dormir dans sa piaule d'étudiant car la direction de l'établissement craint la grippe... aviaire. Ils sont en retard d'une grippe !

chengdu floraland

On passe une très bonne soirée avec notre ami et le lendemain, on flâne avec lui quelques heures dans un parc d'attraction, univers de carton pâte finalement assez sympa. Petit stress pour rejoindre la gare (on finit en courant dans les escaliers) et on prend place dans le train. Enfin plutôt on vire les 2 personnes qui sont à notre place pour s'asseoir comme on peut sur notre banquette. En fait le train est complètement bondé. On dirait le métro de la ligne 1 un jour de "voyageur malade", les colis et bagages les plus improbables en plus. Quelle idée de prendre des billets en 3ème classe quand on doit faire 24h de trajet ?

train potes_train

Finalement le train fait pas mal d'arrêts et les choses se tassent. 3h après le départ il n'y a presque plus personne debout. L'ambiance est bonne, on sympathise avec notre voisin d'en face qui fait partie d'un groupe de 10 ouvriers qui reviennent d'un chantier. Ils font partie de la minorité Yiqi et ont plutôt le sang chaud. On assiste même à une petite bagarre mais les protagonistes sont vite séparés. Des touristes chinois viennent également nous parler anglais et nous proposent leur aide. Il y a de l'eau bouillie à volonté et chacun fait sa petite dînette pour les différents repas. On a trouvé des plats lyophilisés à Chengdu et on fait grosse sensation dans le wagon ! Pour la nuit chacun s'installe comme il peut, en sachant très bien que le sommeil ne sera pas facile à trouver.

Et finalement, on arrive à Xining, capitale de la province du Qinghai.

Chendu_Xining

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25 mai 2009

OTHER dans la presse - Sponsor AgileBuyer

agilebuyer

Voici 2 articles qui présentent notre projet à la presse Achat :

Un article dans la revue "Profession Achat" : Projet_OTHER

Un article dans la newsletter EAchatsInfos (page 9) EACHATSINFOS27FEVRIER2009

Pour info, Philippe est acheteur pour la société AgileBuyer, sponsor de OTHER.

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Le Palais des Thés

Le_Palais_logo

Le Palais des Thés soutient financièrement notre aventure. En échange, nous leur proposons des articles qu'ils publient sur leur site Internet. Vous pouvez lire ces articles ici, déjà 4 étapes décrites. On y parle surtout de thé, évidemment. Bonne lecture !

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24 mai 2009

... et l'expulsion !

On se retrouve donc à 6 dans un gros 4x4, sur une route défoncée pour 3h d'ambiance un peu tendue. Leur principal prétexte pour nous faire toutes leurs misères est notre propre sécurité et c'est quand même un comble d'utiliser ce prétexte pour nous faire prendre de nuit une route périlleuse avec un chauffeur bien allumé. Au passage l'interprète vomit tout ce qu'elle peut par la fenêtre dans l'indifférence générale. Passons...

On arrive à Garzé vers 22h. Ils vont directement dans un hôtel et on apprend que c'est à nous de payer notre nuit ! Nouvelle montée d'adrénaline dans le couloir mais on finit par accepter de payer 1/3 du prix. On est définitivement trop gentil.

Nuit assez moyenne malgré la bonne douche chaude, la première depuis... longtemps !

Le lendemain, on nous réveille à 7h pour aller à la gare de bus. En 10 min on est prêt, encore une fois on ne fait pas nos rebelles à faire trainer les choses. Au terminal de bus, ils découvrent que nous avons raté le bus. Et oui, même le plus naïf des touristes débutants se renseigne la veille quand il prévoit de faire un trajet de 12h en bus. Mais ils sont en dessous de ça. Bref, pour notre expulsion, il faut donc passer par un minibus. Mais le prix n'est pas le même et ils osent espérer qu'on va sortir nos Yuans et payer la différence ? Cette fois on ne lâche rien, la traductrice s'en prend plein la gueule au passage, et on les laisse essayer de négocier un minibus. Ils sont assez ridicules dans cette démarche et on comprend que les classes privilégiées n'utilisent que la voiture avec chauffeur pour se déplacer.

Cliquez sur la carte du Sichuan ci-dessous pour un aperçu de notre périple des dernières semaines.

SICHUAN

Bref, on se retrouve pour 12h dans un minibus, sans pause dejeuner, et on arrive à Kangding bien dépités, mentalement et physiquement. Et dire qu'on n'était même pas officiellement au Tibet...

Et qu'est-ce-qu'on fait maintenant ?

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23 mai 2009

L'arrestation...

Ce matin là le réveil est un peu frileux. En fait hier soir en cherchant bien on a trouvé un peu de bois malgré l'altitude et on a fait un bon feu qui nous a réchauffé. Et donc on ne s'est pas rendu compte du froid qu'il faisait et ce matin tout est givré. On regrette un peu de ne pas avoir fermé la tente pour la nuit (toujours cette tente qui condense).

philippe

Mais le soleil est très vite là sur le plateau et avec lui la température remonte en flèche malgré les 4200m : en 15min on passe du bonnet à la chemise. Il y a déjà quelques yaks qui paissent à l'entour et un berger nous fait une petite visite pendant le petit-déjeuner. On essaie de lui offrir ce qu'on a mais comme souvent il refuse. Pourtant cette fois on n'a que des produits locaux. La conversation est très limitée (on connaît 4 mots de tibétain !) mais c'est toujours agréable. On comprend pourtant qu'il habite tout près et qu'on aurait du lui demander pour dormir chez lui. Tant pis, une autre fois !

On reprend la route sous un ciel splendide sans un nuage. Vite la crème solaire et les lunettes : c'est les vacances !

nous vue

On observe les passages de torrent par les autochtones. Une personne porte son binome sur son dos pour l'aller et on imagine que pour le retour ce sera l'inverse. Ou alors il y a une histoire de hiérarchie qu'on ne connaît pas ? Plus loin, 2 moines semblent méditer en marchant dans les champs, profitant du soleil et riant de nous voir ici, si loin de tout.

torrent    moines

On aperçoit au loin le village dans lequel on pense se ravitailler et déjeuner, il est déjà 13h et les appétits se réveillent. Mais là, c'est le drame. On observe au loin un nuage de poussière sur la route et bientôt un gros 4x4 de la Police chinoise s'immobilise devant nous. Bon, encore une vérification de passeport, on a l'habitude. Effectivement, ils nous demandent nos passeports mais... ne nous les rendent pas comme d'habitude ! Cette fois on est invité gentiment à monter dans la voiture et à les accompagner au poste le plus proche à "seulement" 14km. Bon, on imagine le fonctionnaire un peu zèlé qui veut s'occuper dans ces contrées plutôt vides d'activité touristique. Le poste est situé sur un noeud routier (ou pistier ?), il y a là 3 routes : celle par laquelle on arrive, celle qu'on veut suivre et celle qui nous ramènerait en arrière vers Garze. Au poste, la voiture nous dépose mais repart très vite, sans nous vous l'avez compris. On reste avec 6 policiers de 20/25 ans maxi, assez surpris de devoir s'occuper de nous et peu habitués à ce genre de situation. Commence alors la valse des questions, des photocopies et des coups de fil. Comme notre niveau de chinois est un peu limité, ils appellent des personnes au téléphone qui se chargent de traduire nos réponses. "Non, nous ne sommes pas journalistes, on est ici parce qu'on aime les paysages mais on n'est pas bouddhiste et on ne parle pas tibétain. Il n'y a pas de risque qu'on soit subversif avec les locaux." En résumé, on est des gentils français qui aiment marcher ici et on va à Bayu, c'est bon on peut partir ?".

poste paysage

Évidemment, le chef (25 ans donc) en réfère à son chef qui doit sans doute appeler le n+2, etc... On a un peu d'espoir car on réussit après 2 heures à obtenir un "peut-être" pour la suite de notre voyage. L'attente est assez longue mais les policiers sont vraiment désolés. Ils commencent par nous offrir des biscuits achetés à la boutique du coin. Puis 2 trouffions sont envoyés au village à 10km pour nous ramener quelque chose de plus consistant. Bientôt, une partie de foot s'organise pour passer le temps et Philippe montre tout son talent malgré l'altitude (ceux qui connaissent apprécieront) pour ramener la victoire à l'équipe du chef. Julie se prélasse au soleil devant la caserne avec un bouquin. Il y a quelque chose d'assez irréel dans cette attente. Certains des policiers sont Tibétains et semblent désolés de cette situation. On assiste ensuite à l'entraînement de l'équipe, à base de tractions. Philippe doit aussi s'illustrer. On imagine déjà que l'on va passer la soirée avec eux, dormir ici et repartir tranquillement demain vers Bayu...

Pourtant vers 19h, un gros 4x4 débarque avec 4 personnes : big boss, chauffeur, traductrice et le garde du corps (?). On redéfend âprement notre cas, en réexpliquant nos motivations et surtout le peu de danger qu'on représente. Mais rien n'y fait, on doit les accompagner à Garze séance tenante...

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Et encore des surprises !

Notre hôte anglophone, le coeur sur la main, nous annonce que sa femme et ses deux enfants vivent dans la prochaine ville étape. Il nous dit avec insistance qu'on y sera le soir-même, et qu'on dormira donc à nouveau chez lui. On avait prévu de faire cette étape en deux jours ! Il y a au mois 40 km, avec 1000m de dénivelée positive, un plateau à 4650m d'altitude et surtout, on n'a pas envie de se presser. On aime ces paysages, alors autant en profiter ! On le remercie , en essayant de lui faire comprendre qu'on sera ravi de dormir chez lui, mais le lendemain soir. On se quitte là-dessus, et on entame la montée au plateau. De suite, il se met à neiger. Des petits flocons, qui nous accompagneront toute la journée. A midi, on ne peut s'arrêter, et on grignote quelques cacahouètes et autres biscuits sous le poncho tendu sous un arbre. Le froid nous gagne vite et on repart. Rien n'y personne ne vient troubler le calme de cette journée. C'est une traversée, d'une vallée à une autre, et seuls quelques nomades osent s'installer pour l'été sur ces hauteurs. Le plafond est bas, dommage car le paysage doit être sublime.

La neige nous pousse à marcher.

Que faire d'autre ? Camper ne nous attire guère car nous ne sommes pas vraiment équipés pour ces conditions, et à cette altitude, pas de bois pour faire du feu ! Et puis, on s'ennuierait trop rapidement ! La marche occupe. Même si on ne parle pas, l'esprit vagabonde et le balancier du corps rythme le temps. On ne s'ennuie jamais en marchant.

On pourrait aussi chercher une tente de nomade et demander l'hospitalité. Mais notre amour propre nous empêche de le faire.

On marche donc. En fin de journée, on croise un camion. Il nous annonce qu'il ne nous reste que 3 km jusqu'à la ville ! Incroyable, on a donc marché comme des brutes aujourd'hui ? Petite vérification au GPS, qui indique 5 km à vol d'oiseau. On a bien en tête la promesse de la chaleur de la maison de notre hôte d'hier qui nous attend pas si loin. Mais bien sur, on y va ! On ne campera donc pas ce soir sous la neige. Une fois la décision prise, on ne recule plus. On avance, se disant toujours qu'on y est presque et que s'arrêter si près du but serait idiot. Puis vient la tempête de neige. La vraie, celle qui glace le visage, gelant la mâchoire, et transforme un yak en une grosse peluche toute blanche. Cette fois-ci, plus le choix, il faut avancer ! Évidemment, le chauffeur de camion nous a dit n'importe quoi, et le point GPS est faux ! Il ne restait ni 3 ni 5 km, mais deux bonnes heures de marche. Et soudain, dans la tempête, l'antenne téléphone qui annonce la ville ! La "ville", ce n'est en fait qu'une école, un dispensaire, une boutique, et 5 maisons ! 20 âmes y survivent ! On peut penser que trouver LA maison qu'on cherche va être facile. Mais non. On toque d'abord à la mauvaise porte. Puis on se réfugie à la boutique pour demander. Personne ne nous comprend ni ne connaît Yiqi, qui tient une boutique dans la ville de l'autre côté du col et a sa femme et ses enfants qui vivent ici ! Mais pourquoi n'a-t-on pas pris une photo de lui ? On aurait pu leur montrer !

Mais notre sauveur arrive. Un moine, qui parle chinois, et n'a que faire de notre histoire. Il nous emmène de suite dans sa cabane, nous allume un feu et nous sert de la tsampa. Ça y est, la fatigue s'envole, la soirée commence. Que de gentillesse et de douceur chez ce jeune moine de 26 ans. Il s'est construit cette cabane de 15 m2, où il dort par intermittence avec sa chambre du monastère.

Cabane en planches, juste équipée d'un poêle, d'un lit et de quelques étagères, mais dans laquelle trônent un lecteur de DVD, un écran plat, deux caméras et un appareil photo numériques, ainsi qu'un téléphone portable dernier cri.

Le moine bouddhiste du Tibet ne fait pas voeu de pauvreté, on l'a remarqué à maintes reprises. Ils sont souvent très équipés en électronique, et sont loin de mourir de faim. Quand on leur demande de quoi ils vivent, on comprend qu'ils sont nourris, logés et blanchis au monastère et ont sûrement encore pas mal d'argent de poche. Les monastères vivent des dons des locaux, mais aussi de toute la communauté bouddhiste internationale. Nous ne jugerons pas du sacrifice de soi que fait un moine en renonçant à fonder une famille par exemple, mais en tout cas, il nous semble que le statut social du moine est élevé, et que sa vie semble facile et sans questionnement financier. Par ailleurs, les moines ne sont absolument pas cloîtrés au monastère. Ils vivent comme bon leur semble et profite de la vie extérieure. Même si, comme nous l'a expliqué un ex-moine revenu à la vie civile, être un bon moine c'est consacrer tout son être à la méditation, ce qui prend nécessairement énormément de temps. Les moines qu'on voit partout ne sont donc probablement pas de "bons" moines. D'ailleurs, dans la religion bouddhiste, il y a de nombreux "grades", atteints en fonction de l'avancement personnel de chacun. Plus le moine avance dans la sagesse, moins il sort du monastère car il passe de plus en plus de temps à méditer.

moine fourneau

Bref, notre moine de ce soir-là, Gaga de son petit nom, nous fait passer une bonne soirée en sa compagnie. Le lendemain matin, le réveil sonne à... 5h30 ! Mais est-il fou ? On rêvait juste d'une longue nuit de sommeil après la journée éprouvante d'hier ! On en profite pour regarder l'aube se lever sur le plateau et les sommets poudrés de neige. C'est magnifique... mais on se recoucherait bien après ! Et à nouveau le rituel feu, tsampa, thé. On ne comprend pas pourquoi il se lève si tôt. Il ne fait rien de particulier, ni prière, ni monastère. C'est sûrement une différence de culture. Nous apprécions les grasses matinées et bannissons le réveil, cet instrument de torture. Ils doivent valoriser les gens qui se lèvent tôt. On n'est pas forcement complètement accrocs à la maxime : "Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt" !

neige julie

En tout cas on décolle à 7h30, et la matinée est magnifique, sous le soleil et à la neige, sur ce plateau à 4200 m. A midi, on s'offre une sieste sous le duvet. A notre réveil, le paquet de biscuit qu'on avait laissé à côté de nous a été vidé. Ce sont nos gâteaux préférés, et dire qu'on n'en a exprès pas trop mangé pour en laisser pour le dîner ! Saleté de rongeur, à moins que ce ne soit une marmotte ou une pie voleuse ! En tout cas, on lui souhaite une bonne crise de foie ! Et nous on mangera...des cacahouètes ce soir pour le dessert !

yak paysage

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